Avec l'arrêt de la production automobile à Poissy, la France n'a plus que dix usines d'assemblage automobile.
Vue aérienne du site de Poissy. ( AFP / ERIC FEFERBERG )
Le constructeur Stellantis a annoncé jeudi 16 avril qu'il allait cesser après 2028 la production d'automobiles dans son usine historique de Poissy (Yvelines), qui deviendra un centre de fabrication de pièces et de déconstruction de véhicules. C'est une page de l'histoire automobile française qui se tourne, le site étant l'un des plus anciens de France. Ouvert en 1938, lorsque Ford décide de s'implanter en région parisienne -berceau de l'automobile française-, il avait pour objectif de produire 150 véhicules par journée de 8 heures.
Mobilisée par l'Allemagne nazie pour produire des camions, l'usine est bombardée par les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale. Libérée en 1944, Poissy fabrique des moteurs de chars pour l'armée américaine. En 1946, l'usine retrouve sa vocation civile et démarre la production de premiers modèles Ford.
Le constructeur franco-italien Simca rachète le site en 1954 avec l'ambition d'en faire l'un des plus modernes du pays. Grâce à une extension inaugurée en 1958, Poissy devient le grand bastion industriel de Simca, avec un succès fulgurant, avant d'être racheté par le groupe américain Chrysler en 1963. Poissy connaît alors son apogée, dans les années 1960 et 1970, et devient l'un des plus grands centres de fabrication automobile d'Europe. À son sommet, au milieu des années 1970, l'usine emploie 27.000 salariés , un symbole de l'âge d'or de la voiture populaire de masse.
En 1978, PSA Peugeot-Citroën rachète les activités européennes de Chrysler et ressuscite la marque Talbot, marque historique des années 1950 . Les modèles Chrysler-Simca produits à Poissy deviennent des Talbot.
La dernière usine d'assemblage automobile d'Île-de-France.
Mais le marché ralentit et de 1982 à 1984, lorsque PSA annonce un plan de licenciement massif touchant près de 3.000 emplois, un conflit social éclate, avivé par l'arrivée de la gauche au pouvoir. Une grande grève met en lumière les difficiles conditions de travail des ouvriers immigrés. En échec commercial, ternie par l'écho du conflit, la marque Talbot est ensuite abandonnée.
Poissy fabrique alors les grands modèles Peugeot, comme la 205 et la 306. Dans les années 1990 et 2000, l'usine se spécialise dans les petits véhicules (Peugeot 206, 207, puis leurs équivalents Citroën). Entre-temps les effectifs ont été divisés par trois, à environ 10.000 personnes en 2005 puis 7.000 au début des années 2010.
Passé sous bannière Stellantis en 2021 avec la fusion PSA-Fiat-Chrysler, ce site de 33 hectares, dont l'effectif est tombé peu à peu à 2.000 personnes, était resté la dernière usine d'assemblage automobile d'Île-de-France.
Selon les syndicats, de l'usine dépend toute une chaîne de sous-traitance, soit près de 8.000 emplois dans un rayon de 100 km.
Stellantis gardera en France quatre "usines terminales" (production d'automobiles), à Mulhouse, Sochaux, Rennes ainsi qu'à Hordain pour les véhicules utilitaires. Avec l'arrêt de la production automobile à Poissy, la France n'a plus que dix usines terminales.
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